Le pont est le plus simple des dispositifs d’interconnexion, sa fonction n’étant que de faire passer des trames d’un réseau dans un autre. Intervenant au niveau 2 de l’OSI, il n’a donc qu’à lire l’adresse des trames qui lui parviennent et, en fonction des tables dont il dispose, décider soit de faire passer les trames qui doivent aller sur le second réseau, soit de les abandonner lorsqu’elles y sont déjà. Sa fonction est donc de filtrer ou de répéter. Le pont est indépendant des protocoles de réseaux locaux (puisque tous les protocoles sont identiques à ce niveau et conforme à la norme OSI 802.2). Il peut donc servir à interconnecter des réseaux locaux hétérogènes (par exemple, un Ethernet avec un anneau à jeton). Ses principales utilisations : relier des réseaux locaux de type différent ou lier un réseau local à un site éloigné. Mais on y recourt aussi pour segmenter un réseau local, si l’on constate un trafic important entre certaines stations sur un réseau.
Les ponts font partie des équipements d’interconnexion de niveau 2 et possèdent au minimum 2 ports munis de Tranceivers ou de connecteurs AUI ayant une adresse physique chacun. Ce type d’équipement, logiciel et matériel, assure une segmentation physique du réseau. Seul les paquets destinés à un équipement situé de l’autre côté du pont le traversent. Cela signifie que le trafic local entre 2 noeuds situés sur un segment « à gauche « d’un pont ne le traverse pas et n’encombre ainsi pas le segment « de droite « . Le trafic est filtré, les collisions ne sont pas propagées.
Les ponts sont des équipements uniquement utilisés dans un environnement de réseaux locaux. Le pont est l’équipement d’interconnexion le plus ancien et le plus facile à mettre en oeuvre. La standardisation du pontage a été effectuée par l’IEEE (comité 802.1D) en 1990. L’ISO a apporté en 1993 des ajouts à ce document en y ajoutant les différents modes de pontage. Le rôle principal d’un pont est de subdiviser un réseau unique en sous-réseaux afin d’accroître les performances, et de construire des architectures plus étendues. Le pont agit au niveau MAC. Ainsi, il n’a pas connaissance et ignore les protocoles de niveau supérieur (réseau, transport,…) utilisés. Son utilisation s’applique donc à tous les protocoles de manière unique, son action étant indépendante du champ de données de la trame MAC.
Par défaut, le pont relie entre-eux des réseaux de même type (ethernet, token-ring, …), puisque les couches MAC doivent être compatibles, mais les débits peuvent être différents de part et d’autre du pont . Il existe cependant des ponts dit « hybrides « qui relient des réseaux hétérogènes entre eux. Les ponts peuvent être groupés en plusieurs catégories. Une façon de les classer est établie suivant que leur opération est « locale » ou « distante ». Un pont local fournit une connexion directe entre les segments de LAN dans le même domaine. Un pont distant connecte différents segments de différents domaines géographiques, habituellement à travers le réseau public.
Cependant, la plupart des ponts aujourd’hui sont à la fois distants et locaux. En fait, la différence se fait d’avantage sur la technique de routage supportée par les ponts. On distingue des ponts dits transparents associés à l’algorithme du Spanning Tree intégrés dans des environnements Ethernet et les ponts dits Source Routing associés à l’algorithme du même nom et intégrés dans les environnements Token Ring.
